dans les coulisses de «Balance ton post !»

l’architecte star veut «toucher le cœur des gens»


Le Japonais, qui va créer un musée à la Bourse de Commerce de Paris, est honoré au Centre Pompidou. Nous l’avons rencontré au Japon. Portrait d’un excentrique.

Les Japonais sont réservés. Pas Tadao Ando. Il explose, il rit, il provoque. Franchement, avec sa voix grave et basse un peu canaille et assourdie, cet ancien boxeur professionnel, qui a appris l’architecture en autodidacte, star internationale de 77 ans, nous a fait penser à un vieux yakuza, certes plus malicieux que dangereux.

Alors que le Centre Pompidou lui rend hommage à travers une splendide rétrospective* de maquettes, photos, films, sur des musiques hypnotiques, qui font voyager autant que comprendre son univers de béton, de lumière, de formes géométriques, carrés, ronds, on l’a rencontré avant l’été dans son atelier d’Osaka au Japon.

Tadao Ando à 16 ans, du temps où il montait sur les rings. DR

Il attaque sec : « Ici, les bureaucrates sont des cons ». On s’est même demandé si l’interprète n’a pas adouci un peu un « connards ». « Je n’estime pas les politiciens japonais. Ils ne comprennent rien à l’art ». Ses compatriotes ? Pas mieux : « Les habitants de Tokyo et d’Osaka travaillent tout le temps. Ils ne s’intéressent pas à la culture ».

Voilà pourquoi il aime la France et même notre côté râleur. « Pour les Japonais, l’argent est roi. Vous, vous osez. J’étais à Paris pendant mai 68. J’ai jeté des pierres avec les gens… Les Parisiens, quand ils luttent, ils vont jusqu’au bout. Un artiste aussi doit aller jusqu’au bout. »

Un des portraits de Tadao Ando exposés au Centre Pompidou. Nobuyoshi Araki

Lui n’a jamais quitté son atelier d’Osaka, ouvert en 1969. Toujours la même adresse, mais il a agrandi ces cubes de lumière. De l’extérieur, une rue très banale. De l’intérieur, une ouverture comme dans un film vers des trains qui passent comme à travers un écran panoramique, des tours de ronde vertigineux jusqu’à la bibliothèque.

Au Japon, Tadao Ando est une icône

Un lieu à la fois fermé, sécurisant, mais (...)

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