«Fraîcheur de l’herbe», les temps sont verdure

«Fraîcheur de l’herbe», les temps sont verdure


Nostalgique des émotions suscitées par ses odeurs et ses messages sensoriels, l’historien Alain Corbin consacre un ouvrage à «cette composante essentielle du regret».

Fouler les herbes hautes, se rouler dans les prés, y rêver, batifoler, cueillir des pâquerettes ou des boutons d’or, tout cela, nous dit Alain Corbin, «a désormais disparu». Attentif au destin complexe des sensibilités, l’historien a donc décidé de consacrer son dernier livre à cette «composante essentielle du regret» qu’est l’herbe, et à l’intense désir d’herbe - son bruissement, son ondoiement, ses odeurs - qu’exprime de longue date la littérature occidentale. Car de Lucrèce à Philippe Jaccottet, de Du Bellay à Giono, Gracq ou Francis Ponge, ce sont surtout des écrivains et des poètes qui l’accompagnent dans sa «revue de ce qu’ont été les émotions suscitées par l’herbe». Excluant de sa quête les herbes magiques ou médicinales, l’évocation s’attarde sur la gamme, riche et variée, des «messages sensoriels» que n’a jamais cessé de nous adresser la plénitude herbeuse.

Hautes, folles ou mauvaises, les herbes nous disent d’abord quelque chose de la scène originelle. Elles sont cette «matière-émotion» qui symbolise l’éternel retour de la vie dans lequel certains auteurs voulurent voir une preuve de l’existence de Dieu. Mais l’expérience de l’herbe, la «réminiscence obsédante de l’odeur du foin coupé» ou la contemplation du «petit monde» qui l’habite (fourmis, grillons et scarabées) sont tout autant liées à l’enfance dont elles constituent le décor initial.

Plus tard viennent la rêverie, «l’enchantement éprouvé à contempler le vert diapré des prairies», les odeurs de la fenaison, les ébats amoureux ou la jouissance dans l’herbe, avant que les corps ne s’engloutissent dans le silence funèbre des pelouses des cimetières. La notion d’«espace vert» qui apparaît en 1910, la progressive «dislocation de l’ancien socle agricole» ou l’invention des gazons modernes, forme domestiquée et appauvrie qui n’est rien d’autre (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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