L’histoire du corps par ses odeurs


Les discussions sur les parfums et les odeurs sont relancées depuis que sociologues et historiens en ont élaboré la question sans préjugés, en l’ajointant d’ailleurs à tout un parti pris contemporain pour les rapports entre les sensations et la sphère du commun. À juste titre, les sensations olfactives, gustatives et tactiles sont passées du néant ou de leur condamnation traditionnelle à la sémiologie d’abord, puis à l’histoire et à la politique. Est-il possible d’accomplir un pas de plus? Certainement. L’ouvrage Odeurs et parfums en Occident: qui fait l’ange fait la bête, écrit par Brigitte Munier, en propose les linéaments, en se concentrant sur les aspects plus philosophiques de la question des odeurs et des parfums: animalité et vice pour certaines odeurs, et spiritualité et vertu pour d’autres.

Le livre s’ouvre d’ailleurs sur le problème posé par l’usage métaphorique de la référence aux odeurs et aux parfums: si une affaire «sent mauvais», ce n’est sans doute pas pour rien; si on est parfois «mis au parfum», c’est que d’autres ne sont pas au courant ; l’humain «qui a du nez» n’est pas seulement le parfumeur; etc. Dans les romans, l’odeur des personnages trahit des caractères moraux (chez Balzac par exemple). Il est vrai que les odeurs s’imposent sans tricherie. La vertu embaume et l’air pur se hume dans les cercles intellectuels, les bas-fonds sont pestilentiels, etc.

Splendeur et misère de l’odorat, grandeur et décadence du nez! Certes, Patrick Süskind a joué des polarités des odeurs, dans son roman Le Parfum. Mais la «civilisation» se caractérise aussi par son long combat contre les puanteurs pour les convertir en parfums.

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Publish date : 21 August 2017 3:34 pm


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