Incendie à Londres : Khadija Saye, la jeune photographe qui aurait dû prendre son envol


Le bilan des victimes de l’incendie de la tour Grenfell, à Londres, s’est alourdi : on dénombre désormais 79 personnes tuées ou portées disparues. Khadija Saye, une jeune artiste photographe d’origine gambienne dont les travaux sont exposés à la Biennale de Venise est l’une de ces victimes dont la vie s’est brutalement arrêtée, alors qu’elle s’apprêtait à rencontrer le succès.


« Logement : dans cet espace nous respirons ». C’est le titre d’une exposition présentée par Khadija Saye dans le cadre de la Biennale de Venise. « Dwelling: in this space we breathe », en anglais. Une série de clichés pris sur plaque de verre sur lesquels on voit la jeune femme rejouer des rituels pratiqués en Gambie. Les photos ont été prises dans le petit studio que l’artiste avait aménagé dans le logement qu’elle occupait avec sa mère, une Gambienne. Un logement situé au 20e étage de la tour Grenfell, qui a brûlé dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 juin.

La veille de l’incendie, rapporte le quotidien britannique The Guardian, la jeune femme avait reçu le directeur d’une galerie d’art qui avait été charmé par l’exposition de Venise et souhaitait lancer sa carrière. Un rêve en train de devenir réalité pour cette jeune femme qui avait suivi sa scolarité dans le secteur public britannique avant de décrocher une bourse pour la très prestigieuse Rugby School. La jeune femme y avait alors été très marquée par la confrontation avec les étudiants issus des classes de la haute bourgeoisie britannique, à mille lieues des réalités qu’elle-même vivait dans l’appartement familial de la tour Grenfell.

« Ces dernières semaines, elle avait été invitée à des expositions dans toutes sortes de galeries, ses rêves étaient en train de commencer à se réaliser », regrette l’artiste Nicola Green, interrogée par le Guardian qui consacre un long portrait à la jeune artiste. « L’histoire de Khadija est inspirante, il faut qu’elle soit racontée pour que d’autres Khadija, dans le monde, l’entendent – c’est l’héritage important de son histoire incroyable », insiste encore Nicola Green, qui avait pris la jeune artiste sous son aile.

« Il y a désormais 79 personnes qui sont mortes ou disparues »

Une histoire forte et emblématique. Mais une histoire parmi près de 80 autres. Car à mesure que l’enquête avance et que les décombres sont explorés, le bilan de l’incendie s’alourdit. « Il y a désormais 79 personnes qui sont mortes ou disparues et dont nous présumons donc qu’elles sont mortes », a déclaré ce lundi 19 juin Stuart Cundy, chef de la police britannique. Un précédent bilan faisait état de 58 morts et disparus dans l’incendie de la semaine dernière. « Il s’agit d’un moment particulièrement éprouvant pour les familles et ils ont l’assurance que nous ferons aussi vite que possible », a insisté Stuart Cundy, comme pour répondre à la colère des familles.

Vendredi, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Londres pour réclamer « justice » pour les victimes de l’incendie. Alors que l’enquête sur les causes de l’incendie en est encore à ses débuts, de nombreuses voix se sont élevées en Grande-Bretagne pour pointer l’aspect social de ce drame. Les habitants de la tour Grenfell, située en plein cœur du quartier le plus huppé de Londres, Kensington et Chelsea, s’estimaient en effet largement laissés pour compte car plus pauvres que leurs voisins. Les proches des victimes pointent notamment l’absence de réponse des autorités face aux multiples alertes concernant la sécurité du bâtiment.



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Author : Jeune Afrique avec AFP

Publish date : 19 June 2017 1:22 pm


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